Obésité et maladies associées

Qu'est-ce que l'obésité ?

(Source : Traité Médecine et chirurgie de l'obésité - Pr. A. Basdevant - Ed Lavoisier 2011)

 

En médecine, l'obésité se définit comme un excès de masse grasse entraînant des inconvénients pour la santé.

Le critère de référence pour identifier un excès de masse grasse est un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 kg/m². Si cette définition a contribué à faire avancer l'approche médicale de ce problème de santé publique émergent, il faut bien admettre qu'elle connaît ses limites et qu'elle a enfermé le vaste domaine des "maladies du tissu adipeux" dans un cadre trop étroit.

Or, le retentissement de l'adiposité sur la santé, dépend non seulement de son importance, mais également de sa distribution et de bien d'autres facteurs. Ainsi, il est de plus en plus évident que des dépôts adipeux spécifiques, par exemple dans le foie, le muscle ou le coeur, peuvent avoir des effets délétères sur la santé, indépendamment de l'obésité elle-même. Il faudrait donc envisager "les maladies des tissus adipeux" plutôt que la seule obésité.

 

L'obésité dans le monde & en France

Deux ans après la parution du rapport L'obésité et l'économie de la prévention : objectif santé (2010), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) fait le point sur l'évolution de l'obésité dans le monde.

 

"Dans 19 des 34 pays de l'OCDE, la majorité de la population est désormais obèse ou en surpoids". Au regard des fluctuations de la courbe de poids mondiale, le rapport prédit même que plus de 2 personnes sur 3 seront dans cette situation d'ici 2020. La mise à jour des projections au regard des chiffres de 2012 laisse même apparaître une projection moins catastrophique que le rapport de 2010 ne le laissait penser. Si pour autant l'épidémie n'est pas enrayée, elle aurait ralenti dans de nombreux pays ces dernières années.

Les chiffres

Première du classement : la Corée avec un taux d'obésité de 3,8 %, comme la Suisse, l'Italie, la Hongrie et l'Angleterre, a su stabiliser sa courbe sur les dix dernières années.

A l'autre extrémité, les Etats-Unis, suivis par le Mexique, avec un taux d'obésité dépassant le tiers de la population.

La France, quant à elle, se place dans le haut du panier, en 7ème position.

Chez les mineurs, ce sont en moyenne 22,2 % des 5 - 17 ans qui souffriraient de surpoids ou d'obésité au sein de l'OCDE.

 

En 2008, l'OMS (Oraganisation Mondiale de la Santé) qui a reconnu en 1997 l'obésité comme une maladie et a signalé dès 2003 les risques épidémiques de la propagation de la maladie, donne quelques indications chiffrées :

- Plus de 1,4 milliard d'adultes sont en surpoids et plus de 500 millions sont obèses.

- Chaque année, 2,8 millions de personnes meurent des conséquences du surpoids ou de l'obésité.

- Plus de 40 millions d'enfants de 5 ans sont en surpoids. Le risque de devenir obèse à l'âge adulte est important.

- 65 % de la population mondiale vit dans un pays où le surpoids et l'obésité sont les plus meurtriers que l'insuffisance pondérale.

- A l'échelle mondiale, 44 % du diabète, 23 ù des cardiopathies ischémiques et 7 à 41 % de certains cancers, peuvent être imputés au surpoids et à l'obésité.

 

L'exemple des Etats-Unis

Après 30 ans d'augmentation, la proportion d'obèses américains est restée stable en 2012 dans 49 des 50 états : seul l'Arkansas voit son taux augmenter et compte aujourd'hui 34,5 % de sa population, obèse.

Comme l'explique l'étude de l'ONG Trust for America's Health & la Fondation Robert Wood Johnson (http://healthamericans.org/report/108/), aujourd'hui :

- 13 états ont plus de 30 % de leur population adulte obèse,

- 41 états ont au moins 25 % de leur population adulte obèse,

- Tous les états ont plus de 20 % de leur population adulte obèse.

L'obésité est plus répandue dans les Etats du Sud et du Midwesst et plus particulièrement parmi les populations n'ayant pas achévé le lycée et gagnant moins de 25 000 $ par an.

Enfin, pour la première fois, on constate que l'obésité infantile régresse d'environ 1 %, sauf dans les états du Colorado, de Pennsylvanie et du Tennessee. Les chiffres restent toutefois très élevés avec 12 % des enfants entre 2 et 4 ans, des chiffres qui atteignent 19 % dans la communauté afro-américaine et 16 % dans la communauté latino.

 

En France

L'enquête de référence est celle faite tous les 3 ans depuis 1997. L'enquête ObEpi 2012 conclut (www.roche.fr/Etude-Obepi-2012) :

* 32,3 % de la population de plus de 18 ans est en surpoids

* 15 % de la population de plus de 18 ans est obèse

Le poids de la population a augmenté de 3,6 kg en 15 ans alors que la taille n'a augmenté que de 0,7 cm.

* Le tour de taille était de 85,2 cm en 1997 et est de 90,5 cm en 2012

Le tour de taille a augmenté de 5,3 cm en 15 ans

La prévalence de l'obésité est en 2012 de 15 % de la population, avec un IMC moyen de 25,2 kg/m².

 

En 2012, en France, 6 922 000 personnes sont en situation d'obésité, soit 3 356 000 personnes de plus qu'en 1997.

Les maladies associées

Le Diabète

(Source : Traité Médecine et chirurgie de l'obésité - Pr. A. Basdevant - Ed Lavoisier 2011)

 

Les données épidémiologiques en France en 2007 permettent d'estimer qu'environ 12 % des personnes obèses sont diabétiques de type II. Il y a à peu près auant de diabétiques de type II obèses en France que de diabétiques de type II en surpoids. Comme il y  a deux fois plus de personnes en surpoids que de personnes obèses, on peut estimer approximativement que la prévalence du diabète de type II chez l'obèse et 2 fois plus élevée que chez les personnes en surpoids.

Chez l'adolescent obèse, on trouve une prévalence de 20 à 25 % d'intolérance au glucose et de 4 % de diabète de type II.

 

Les choix thérapeutiques ne sont pas très différents de ceux des patients atteints de diabète de type II en surpoids non obèses. L'objectif principal est de lutter contre l'insulino-résistance grâce :

- à l'augmentation de l'activité physique,

- à l'utilisation de molécules augmentant la sensibilité à l'insuline comme la metformine.

L'Hypertension artérielle

(Source : Traité Médecine et chirurgie de l'obésité - Pr. A. Basdevant - Ed Lavoisier 2011)

 

Il existe une intime relation entre l'obésité et l'hypertension artérielle car la prise de poids s'accompagne habituellement d'une élévation de la pression artérielle pouvant conduire à une hypertension artérielle ; a contrario, l'HTA est une complication présente chez près de 40 % des personnes obèses.

L'HTA de la personne obèse est fréquemment associée à des anomalies biologiques :

- élévation de la glycémie,

- perturbations du bilan lipidique,

- hyperuricémie,

- anomalies hépatiques.

 

Les choix thérapeutiques sont les suivants :

- réduction pondérale,

- pratique régulière d'une activité physique.

Dans l'obésité massive, l'association de mesures nutritionnelles et d'un programme de reprise d'une activité physique d'intensité modérée (marche rapide), mais pratiquée au moins 60 minutes 5 fois par semaine, a montré une efficacité sur la perte de poids avec un bénéfice sur la baisse de la pression artérielle, sans qu'il soit toutefois possible de diminuer le nombre des édicaments antihypertenseurs prescrits.

 

Les recommandations de la Haute autorité de santé pour la prise en charge des patients adultes atteints d'HTA indique que 5 familles pharmacologiques peuvent être utilisées en premièer intention dans la prise en charge d'un hypertendu essentiel non compliqué :

- les diurétiques thiazidiques,

- les bêtabloquants,

- les inhibiteurs calciques,

- les inhibiteurs de l'enzyme de conversion,

- les antagonistes des récepteurs de l'angiotensine.

Les complications respiratoires

(Source : Traité Médecine et chirurgie de l'obésité - Pr. A. Basdevant - Ed Lavoisier 2011)

 

Le syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil - SAHOS

Cela correspond à des collapsus du pharynx, complets ou incomplets, répétés au cours du sommeil.

Il se définit par l'association de signes cliniques et d'anomalies respiratoires nocturnes en nombre > 5 par heure de sommeil. Cette pathologie, même dans sa forme modérée, est associée à une somnolescence, des troubles de l'attention et une altération de la qualité de vie.  

Le SAHOS sévère non traité est également associé à un risuqe accru de morbidité et de mortalité cardiovasculaire.

Jusqu'à 60 % des personnes obèses présentent un SAHOS.

 

Le syndrome obésité-hypoventilation - SOH

Le SOH est défini par la co-existence d'une obésité et d'une hypercapnie diurne.

10 % des personnes obèses ont un SOH.

 

Les choix thérapeutiques sont les suivants :

- la perte de poids est le traitement essentiel et peut être curatif.

- un traitemetn de suppléance par un appareillage respiratoire est nécessaire. La pression positive continue est le traitement largement recommandé dans le traitement du SAHOS et du SOH.

 

L'asthme et l'obésité sont-ils liés ?

Des études épidémiologiques ont montré l'existence d'une relation entre l'obésité et l'asthme. L'explication pourrait en être que l'obésité est une maladie inflammatoire susceptible de partager des facteurs de l'inflammation communs avec l'asthme.

Les complications cardiovasculaires

(Source : Traité Médecine et chirurgie de l'obésité - Pr. A. Basdevant - Ed Lavoisier 2011)

 

Le retentissement cardiovasculaire de l'obésité rend compte pour une large part de l'augmentation du risque de morbidité et de mortalité associé à cette pathologie.

Les conséquences cardiovasculaires de l'obésité sont nombreuses et fréquentes :

- hypertrophie ventriculaire gauche,

- insuffisance cardiaque,

- HTA,

- coronaropathie,

- troubles du rythme,

- pathologie thrombo-embolique.

 

Les facteurs impliqués sont multiples :

- degré d'excès de poids,

- gain de poids  au cours de la vie,

- répartition du tissu adipeux,

- facteurs de risque cardiovasculaire associés,

- inactivité physique.

 

L'obésité fait partie des facteurs de risque de mort subite. Dans l'étude de Framingham, le taux annuel de mort subite était 40 fois plus élevé chez les hommes et femmes obèses de la cohorte, comparé avec le taux d'arrêts cardiaques inexpliqués chez les personnes non-obèses.

 

La prévention et le traitement des complications cardiovasculaires sont un objectif primordial, quelles que soient les difficultés de contrôle de poids. Il faut appliquer résolument une approche multifactorielle du fait de l'intrication des facteurs en jeu. Traiter les atteintes cardiovasculaires de la personne obèse, c'est tout à la fois lutter contre les facteurs qui contribuent au développement de l'insuffisance cardiaque, faite de prévention de l'athérosclérose et de la thrombose, assurer une hématose correcte.

les dyslipidémies

(Source : Traité Médecine et chirurgie de l'obésité - Pr. A. Basdevant - Ed Lavoisier 2011)

 

La dyslipidémie associée au surpoids est caractérisée par une diminution du HDL-cholestérol et par une augmentation des triglycérides. Elle est aussi caractérisée par une série de modifications qualitatives ou fonctionnelles.

 

La diététique joue un rôle clef sur le niveau des triglycérides et, par conséquent, de l'HDL-cholestérol.

 

On sait qu'une réduction, même modeste du poids s'accompagne d'une diminution significative des facteurs de risque majeurs associés à l'obésité.

 

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N° d’Agrément national du

Ministère de la santé :
N2015RN0001


Insuffisance pondérale < 18,5
Normal 18,5 - 24,9
Surpoids 25 - 29,9
Obésité Classe I (Modérée) 30 - 34,9
Obésité Classe II (Sévère) 35 - 39,9
Obésité Classe III (Massive) > 40